Nous sommes heureux d’accueillir à nouveau à notre tribune le Cherattois Pierre Verjans, politologue, enseignant à l’Université de Liège et à l’Université catholique du Graben à Butembo (province du Nord Kivu en République Démocratique du Congo). Ses recherches et publications portent notamment sur le conflit communautaire en Belgique, sur les évolutions du système international et sur les logiques d’opposition d’intérêts et d’idées dans le champ politique. La conférence de ce soir portera sur les guerres et les pillages des ressources minières dans l’est du Congo. Le Katanga fut qualifié de « scandale géologique » par Jules Cornet envoyé sur place par Léopold II, dirigeant de l’Etat indépendant du Congo. En 1906, celui-ci créa l’Union Minière du Haut-Katanga avant de devoir céder le Congo à la Belgique à titre de colonie. L’UMHK représenta un apport important de revenus à la Société Générale de Belgique et à ses actionnaires dont la famille royale. Après l’indépendance, la Société Générale de Belgique et l’UMHK organisèrent la sécession du Katanga dès le début du mois de juillet 1960. Cette sécession fut écrasée par les Casques bleus des Nations Unies en 1964. Ultérieurement, les recherches géologiques montrèrent que le pays recelait de l’or et des diamants dispersés sur une grande partie du territoire. Dans les années de la « guerre mondiale africaine », de 1996 à 2003, des gisements importants de coltan et d’autres « terres rares » furent découvert dans les Kivu et alimentèrent les milices qui vendaient les minerais aux multinationales. Depuis lors, l’Etat n’est toujours pas en état de fonctionner dans l’Est du Congo mais ses richesses minières arrivent toujours, par l’intermédiaire du Rwanda, dans les circuits du commerce mondial.
Conférence de Pierre Verjans
13 Jan, 2026