Conférence donnée par Roland Marganne, philologue classique et historien de formation, il a enseigné les langues anciennes (latin et grec) et l’histoire dans l’enseignement secondaire supérieur à Liège. Parallèlement à ses activités pédagogiques, il s’est passionné pour l’histoire des quelque 150 lignes de chemin de fer qui ont été implantées sur le sol belge. Il a publié une série d’ouvrages sur ce vaste sujet : il est actuellement collaborateur scientifique à la SNCB Train World Heritage à Bruxelles.
La ville de Visé est située au croisement de deux itinéraires ferroviaires internationaux : les lignes Tongres – Visé (Haut) – Montzen – Aix-la-Chapelle (Ouest) et Liège – Visé (Bas) – Maastricht. La conférence retracera le service que la SNCB a offert aux voyageurs visétois de la fin de la Seconde Guerre mondiale à ce jour.
La ligne Tongres – Visé – Montzen – Aix-la-Chapelle, mise en service par l’occupant allemand en 1917, a toujours supporté un trafic marchandises important. La SNCB y a aussi organisé un service de trains de voyageurs omnibus ; seul, un pittoresque service vers Montzen a subsisté une dizaine d’années après la Libération.
Par contre, les trains de voyageurs n’ont jamais cessé de circuler entre Liège, Visé et Maastricht, mais avec des objectifs bien différents au fil du temps : « trains-tramways » et autorails – dits « trottinettes » ou « michelines » – omnibus entre Liège-Longdoz et Visé, remplacés par les autobus de substitution gérés par la firme TCM à partir de 1956, train journalier à longue distance Amsterdam – Maastricht – Visé – Liège – Luxembourg – Bâle et au-delà, supprimé récemment… puis des trains régionaux accélérés Liège-Guillemins – Visé – Maastricht, organisés à l’initiative et avec le matériel des chemins de fer néerlandais : les célèbres autorails diesel rouges puis jaunes « NS » qui ont sillonné la ligne de 1954 à 1984… Puis il y eut la complexe électrification de la ligne et la reprise de son exploitation par des automotrices électriques de la SNCB… jusqu’en 2024, où le relais fut pris – après cinq ans d’avatars – par l’entreprise privée néerlandaise « Arriva » et son « train des trois pays » Liège – Visé – Maastricht – Heerlen – Aix-la-Chapelle.
Visé a par ailleurs le statut de gare frontière : les contrôles de police et de douane, très pointilleux en 1945, se sont petit à petit assouplis au fil du dégel des relations belgo-néerlandaises : accords Benelux (1943), création de la Communauté Economique Européenne (1957) puis de l’Union Européenne (1993).
Que de souvenirs… que d’anecdotes… que le conférencier évoquera à l’aide de la projection d’une nombreuse iconographie souvent inédite.
Une brochure reprenant le texte complet de la conférence et ses illustrations sera par ailleurs disponible sur place et au Musée du chemin de fer de Visé.
